ACTUALITÉS

Budget du Québec 2026 – 2027 : un pas dans la bonne direction et un de côté en matière d’infrastructures

Communiqué de presse  

 

Montréal, 19 mars 2026 – «A-t-on les moyens de nos ambitions?» demande la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) à la lecture du Budget 2026-2027. Le Québec fait face à d’importants défis en matière d’infrastructures malgré un effort dans le cadre du Budget 2026-2027 pour redresser la situation des infrastructures au Québec et un rehaussement de 3 milliards de dollars au Plan québécois des infrastructures (PQI). Le rehaussement des sommes allouées au maintien d’actifs, grâce à une priorisation des projets qui représente 9,1 milliards de dollars sur l’horizon 2026-2036 est un pas dans la bonne direction.

 

La CEGQ souhaite proposer 3 mesures pour concilier des besoins en infrastructures grandissants avec des finances publiques limitées.  

1 : Infrastructures répétitives: une standardisation s’impose 

Une école à Montréal ne devrait pas être plus complexe qu’au Bas-Saint-Laurent. L’idée n’est pas de faire du copier-coller, mais de se doter de balises claires pour ne pas repartir de zéro à chaque fois. Concrètement, la CEGQ propose de mutualiser et d’harmoniser les plans et devis des bâtiments publics (écoles, bibliothèques, centres sportifs, etc.) en standardisant les éléments structuraux et fonctionnels, tout en préservant une flexibilité encadrée pour les particularités locales. Les maisons des aînés et alternatives (MDAA) sont un bon exemple militant pour la standardisation. Les importants écarts budgétaires entre les différents projets de MDAA renforcent la nécessité de standardiser certains éléments des projets publics.  

 

2 : Accumulation des normes et des contraintes: nécessaire retour à l’essentiel 

Le gouvernement doit s’engager dans un réel exercice de réduction des normes et de la bureaucratie qui paralysent les projets et font augmenter considérablement les coûts. L’exemple du Couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie à Longueuil illustre à lui seul le problème. Un bâtiment acquis pour 9 millions de dollars aurait coûté 50 millions à rénover, notamment en raison de la mise aux normes, notamment sismiques.  

Alors que le déficit de maintien d’actifs est clairement documenté, notamment par les travaux de l’Ordre des ingénieurs du Québec, le Québec doit se donner les outils nécessaires pour assurer l’équilibre entre nouvelles infrastructures et le maintien de celles qui sont existantes. Il faut souligner l’effort du gouvernement, qui fera passer la proportion du PQI dédiée au maintien d’actifs de 65 à 71 %, soit 105,8 milliards de dollars. Il s’agit d’une demande récurrente de la CEGQ.

Cependant, le budget présenté par le ministre des Finances ne répond que partiellement à l’enjeu soulevé par le Vérificateur général du Québec (VGQ). Rappelons que le rapport du Vérificateur général du Québec (VGQ) de l’automne dernier faisait le constat que le Plan québécois des infrastructures ne présente pas les sommes nécessaires à l’égard des projets inscrits et du maintien des actifs pour prendre des décisions éclairées une sous-évaluation de 8,8 M$.

Toutefois, il est nécessaire de dépolitiser cette enveloppe. La CEGQ propose de séparer clairement l’entretien du PQI en créant un fonds dédié, verrouillé contre tout transfert, avec un plan décennal et des budgets récurrents, pour entretenir les infrastructures publiques selon l’état réel des actifs. 

 

3 : La règle du plus bas soumissionnaire n’est plus la moins chère :
les entrepreneurs généraux doivent être en amont du processus, pas en réaction 
 

Le gouvernement du Québec a déjà ouvert la porte aux modes de réalisation collaboratifs, comme le lui ont recommandé la CEGQ et plusieurs intervenants de l’industrie. C’est bien, mais on doit aller plus loin et les utiliser plus souvent. Impliquer les entrepreneurs en amont des projets et avoir un meilleur partage des risques est une solution gagnante. Actuellement, une très grande part des risques dans un projet repose sur les épaules des entrepreneurs généraux. Conséquemment, des contingences importantes sont incluses dans leurs soumissions pour parer à d’éventuelles situations, ce qui fait grimper le coût des projets.  

L’octroi de contrats au plus bas soumissionnaire conforme nuit à la créativité, à l’innovation et au contrôle des coûts. Des modes collaboratifs et des critères d’adjudication axés sur la proposition de valeur et la durabilité devraient être privilégiés, plutôt que le plus bas prix. C’est d’ailleurs une bonne pratique promue par l’OCDE: approche selon le cycle de vie comme critère d’adjudication par les donneurs d’ouvrages dans le cadre d’appels d’offres. 

«Pas besoin de chercher à construire des musées à chaque fois. L’ampleur de la tâche à accomplir milite pour se retrousser les manches, revoir le cadre et se questionner si l’accumulation des normes actuelles ne nous mène pas droit dans le mur. Les entrepreneurs ont des idées et ont le même intérêt que le gouvernement : maximiser chaque dollar investi en construction», souligne Eric Côté, président-directeur général de la CEGQ.


La CEGQ réitère sa volonté de collaborer activement avec le gouvernement afin d’identifier et de mettre en œuvre des solutions pragmatiques permettant de livrer plus d’infrastructures, plus rapidement, et au meilleur coût pour les contribuables. 

 

À propos de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec  

Fondée en 1996, la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) a pourmission de défendre les intérêts des entrepreneurs généraux et de l’industrie de la construction par sa contribution au développement du Québec, notamment sur les plans économique et durable. Depuis près de 30 ans, la CEGQ sensibilise au rôle essentiel des entrepreneurs généraux dans la réalisation de projets structurants — principalement dans le secteur IC/I (industriel, commercial et institutionnel) —, et soutient de manière proactive les entrepreneurs généraux dans la réalisation d’ouvrages de qualité, dans l’amélioration de leur performance et de leur productivité. Pour plus d’information, visitez : www.cegq.com  

 

Pour toute demande média :

Kiana Pagé-Lajoie

Conseillère aux communications et affaires publiques

CEGQ

(514) 758-1993 | kplajoie@cegq.com

 

Voir tous les articles