Le Comité Projets privés de la CEGQ s'est réuni le 9 septembre afin d'échanger sur les enjeux qui touchent actuellement le marché privé de la construction. La rencontre a notamment permis de faire le point sur la campagne électorale québécoise et ses répercussions potentielles sur l'industrie, d'aborder les impacts des nouveaux tarifs et contre-tarifs sur les coûts et l'approvisionnement, de discuter de nouveaux modèles de réalisation de projets ainsi que de prendre connaissance d'un projet de recherche universitaire portant sur le Bureau des soumissions déposées du Québec (BSDQ). Les membres ont également partagé leurs observations du marché et leurs préoccupations face à l'évolution du contexte économique.
La réunion a débuté par une présentation électorale de Stéphane Grégoire, qui a dressé un portrait de l'évolution de la campagne québécoise à quelques semaines du scrutin. Les membres ont été informés des tendances observées dans les sondages ainsi que des principaux engagements des partis concernant le logement, les infrastructures publiques et le Plan québécois des infrastructures. Les échanges ont notamment porté sur les investissements annoncés pour le maintien des actifs, les projets routiers et les initiatives en matière d'habitation. La CEGQ a rappelé qu'elle poursuivrait ses démarches afin de suivre de près les engagements des partis et leurs impacts potentiels sur l'industrie de la construction.
La discussion s'est ensuite tournée vers les conséquences des nouveaux tarifs et contre-tarifs sur les projets privés. Plusieurs entrepreneurs présents ont indiqué constater une augmentation des coûts d'approvisionnement et une plus grande difficulté à prévoir l'évolution future des prix. Les équipements mécaniques, les composantes d'acier, certains matériaux de finition ainsi que les systèmes de ventilation figurent parmi les produits les plus susceptibles d'être touchés. Plusieurs membres ont rapporté recevoir des avis de hausse de prix de fournisseurs, ce qui accentue les incertitudes dans les projets actuellement en conception ou en développement.
Les échanges ont également mis en lumière les défis liés à l'attribution des risques contractuels. Certains participants ont indiqué que les entrepreneurs sont parfois appelés à assumer seuls les conséquences financières de nouvelles mesures tarifaires. La CEGQ a mentionné être intervenue récemment à propos d'une clause rencontrée dans un appel d'offres public qui imposait aux entrepreneurs l'ensemble des risques liés aux tarifs futurs. L'organisation a réaffirmé sa conviction selon laquelle les risques exceptionnels doivent être partagés équitablement entre les différentes parties plutôt que transférés exclusivement aux entrepreneurs.
Dans ce contexte, plusieurs intervenants ont insisté sur l'importance d'une approche davantage collaborative. Les modèles de gestion ouverts, la transparence des coûts et l'implication des principaux acteurs dès les premières phases de conception ont été présentés comme des moyens efficaces de réduire les incertitudes et de mieux répartir les risques. Les membres ont souligné que l'environnement économique actuel exige une plus grande flexibilité ainsi qu'une meilleure communication entre les entrepreneurs, les clients, les concepteurs et les sous-traitants.
Le comité a également reçu une mise à jour sur les démarches entreprises par la CEGQ afin de faire connaître certains modèles de projets réalisés dans un cadre privé mais financés à des fins publiques. Ces modèles pourraient offrir de nouvelles occasions d'affaires aux entrepreneurs généraux tout en permettant une meilleure compréhension des mécanismes contractuels, du financement et des attentes des donneurs d'ouvrage concernés. Une présentation plus détaillée est prévue au cours des prochains mois.
La seconde partie de la rencontre a été consacrée à la présentation de Luc Martin, qui a exposé les objectifs de son projet de doctorat consacré au Bureau des soumissions déposées du Québec (BSDQ). Cette recherche vise à analyser le fonctionnement du BSDQ sous les angles juridique, institutionnel et économique, notamment à partir de données historiques provenant des compilations de soumissions. Afin d'enrichir l'analyse, les membres ont été invités à transmettre leurs données et à participer à d'éventuelles entrevues de recherche. Les résultats permettront éventuellement de mieux comprendre certains comportements de marché et d'alimenter les réflexions sur l'évolution de cet outil unique à l'industrie québécoise.
Enfin, la rencontre s'est conclue par l'annonce d'une future présentation de Pierre-Luc Auclair portant sur les pratiques collaboratives et l'initiative Fair Play. Cette activité s'inscrit dans la volonté du comité de mettre en lumière des approches innovantes permettant d'améliorer la performance des projets et la collaboration entre les différents intervenants du secteur privé.
